Le dernier roman d'Andrea Camilleri (La Vampa d'Agosto) vient de paraître en français sous le titre Un été ardent. Serge Quadruppani, son traducteur, reconnaît que l'on aboutit à une langue assez éloignée de ce qu'il est convenu d'appeler le "bon français".

Serge Quadruppani : "Ma traduction s'éloigne souvent délibérément de la correction grammaticale. Mais depuis quelques dizaines d'années, le travail des traducteurs a été orienté par la tentative de mieux rendre la langue de leurs auteurs en échappant à la dictature de la "fluidité" et du "grammaticalement correct" qui avait imposé à des générations de lecteurs français une idée trop vague du style réel de tant d'auteurs. Un tel mouvement rejoint aussi le travail des auteurs francophones qui s'emploient à libérer leur expression du carcan d'une langue sur laquelle on a beaucoup trop légiféré."

Certaines des déformations que Camilleri impose à l'italien ont par exemple été transposées en français : "il eut tout juste le temps de se priparer (préparer) le café", "il s'était aréveillé (réveillé) une fraction de seconde avant l'alarme", "une pinsée (pensée) soudaine lui passa par la tête", "ils s'étaient tiliphoné (téléphoné) le dimanche matin"...

(Un été ardent est publié chez Fleuve noir)