Dans cet entretien, Umberto Eco revient sur quelques-uns de ses thèmes de prédilection.

Internet : "Ce n'est plus nécessaire d'enseigner où est Katmandou, ou qui a été le premier roi de France après Charlemagne, parce qu'on le trouve partout. En revanche, on devrait demander aux étudiants d'examiner quinze sites afin qu'ils déterminent lequel, selon eux, est le plus fiable. Il faudrait leur apprendre la technique de la comparaison."

Les livres : "Si je vais dans ma cave et que je retrouve mon Pinocchio de quand j'avais 8 ans et sur lequel j'avais écrit, me reviennent des émotions que je ne trouve pas sur une disquette contenant le texte de Pinocchio. […] Les ordinateurs changent tellement que nous ignorons quelle est la durée de vie d'une disquette..."

Les monastères : "Je crois qu'il faut rétablir une culture des monastères, qu'un jour ou l'autre il faudra que ceux qui lisent encore se retirent dans de grands phalanstères […] Il faut être un peu aristocrates de ce point de vue-là."

Les langues : "Je parle mieux le français que l'anglais. Mais je préfère écrire en anglais qu'en français. Car en français, il y a des problèmes d'accents et d'orthographe qui sont terribles. Ou bien vous écrivez un bon français, ou bien vous n'êtes pas accepté. Tandis que quand vous écrivez un mauvais anglais, tout le monde vous accepte."

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Source : Le Monde, 12/10/10