Les élèves des classes moyennes réussissent mieux à l'école grâce à leurs parents mais aussi, selon des chercheurs anglais, en raison du traitement de faveur que leur réserve leur établissement. Pourquoi en est-il ainsi ? "Nous ne le savons pas", reconnaît Gianni De Fraja. de l'université de Leicester. "Leurs parents parviennent sans doute à se faire davantage entendre…"

En France, Agnès Van Zanten avait déjà établi que la majorité des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles bénéficiaient tout au long de leurs études de ce double parrainage, à la fois de leurs parents et de l'institution scolaire elle-même. [15/09/10]

Faut-il changer l'école ? Faut-il agir sur les parents des élèves des classes défavorisées, s'ils sont en cause ? Ou… les court-circuiter ? Au nom de l'égalité des chances ? "Le parrainage des meilleurs [de ces élèves], écrit Agnès Van Zanten, a un rôle à jouer dans une politique éducative ambitieuse. Il ne saurait en tenir lieu."

Esther Duflo, professeur en économie du développement au MIT, a montré qu'il existait à plus grande échelle un rapport direct entre le niveau moyen d'information des parents et le taux de scolarité d'une classe d'âge. La perception des bénéfices liés à l’instruction fait partie des critères de décision des parents, écrit-elle en substance. Leur donner une information qu'ils n'ont pas peut donc avoir des effets importants.

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Source : The Guardian, 29/10/10

Références : Esther Duflo, Le développement humain. Lutter contre la pauvreté (I), Seuil, 2010. À lire également, dans la même collection : François Dubet, Les places et les chances. Repenser la justice sociale.