"La culture de la note est encore très présente dans l'école française, historiquement tournée vers la sélection. Si ce modèle répondait aux exigences d'un système élitiste avant la massification scolaire, il apparaît aujourd'hui en total décalage avec l'objectif d'élévation globale du niveau d'étude. L'obsession du classement à laquelle il répond crée, dès l'école élémentaire, une très forte pression scolaire et stigmatise des élèves qu'il enferme progressivement dans une spirale d'échec. Démotivantes, les mauvaises notes sont vécues comme une sanction et n'apportent en rien les clés d'une possible progression."

L'Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) se prononce pour la suppression des notes à l'école élémentaire. Voici la suite de l'appel qu'elle vient de lancer :

"Alors que la confiance en soi est indispensable à la réussite scolaire, les conséquences de ce système sur les élèves en difficulté sont désastreuses : fissuration de l'estime de soi, absence de valorisation de leurs compétences, détérioration des relations familiales et, à terme, souffrance scolaire. La pression scolaire précoce ne fait que nuire à l'efficacité de notre système éducatif : aujourd'hui, quatre écoliers sur dix sortent du CM2 avec de graves lacunes.

L'école gagnerait à s'appuyer sur une autre logique que celle de la compétition. Il faut qu'elle devienne pour tous les enfants une étape positive de leur construction, de leur épanouissement, du développement de l'estime de soi et de l'élaboration d'un rapport sain aux apprentissages.

D'autres modèles éducatifs ont prouvé leur efficacité. En Finlande – pays en tête des classements internationaux en matière d'éducation –, les élèves sont évalués pour la première fois à 9 ans de façon non chiffrée et commencent à être notés seulement à partir de 11 ans*. En France, les textes de loi ont déjà beaucoup évolué et ne font plus référence explicitement à la note comme système d'évaluation. Mais devant l'urgence d'apporter des réponses concrètes à la souffrance scolaire, nous devons franchir un palier supplémentaire. Nous appelons à supprimer la notation à l'école élémentaire, qui doit devenir l'école de la coopération et non de la compétition."

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Source : Le Nouvel Observateur, 17/11/10

* En Suède, les élèves reçoivent leurs premières appréciations en classe de 4e, mais le Parlement pourrait mettre fin à ce système d'évaluation en décembre.