Pour rendre sa force à l'insulte, il faut d'abord "planter le décor", écrit Corinne Legoy, dans l'article qu'elle consacre à l'ouvrage de Thomas Bouchet Noms d'oiseaux. L'insulte en politique de la Restauration à nos jours. "L’insulte et son pouvoir ne naissent pas tant des mots, qui finalement sont pauvres en eux-mêmes, que de la situation dans laquelle ils sont proférés. […] Tout mot peut faire l'affaire en un contexte propice."

Thomas Bouchet a choisi de travailler à partir d'exemples : "Cette construction donne toute sa force au livre : elle rend aux insultes la vigueur de l’instant, alors même que l’on est au cœur d’un objet où les écarts du temps et des cultures jouent à plein."

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Source : La Vie des idées, 29/11/10

Prolongements :

Sur ce site de l’université de Bourgogne, dédié à l’insulte en politique, on trouve cette définition : "Nous appelons insultes les formes typiquement linguistiques de l'injure mettant nominalement en cause l'individu dans son appartenance décrétée (insulte essentialiste : Pédale !) ou dans son être supposé révélé par une situation déterminée (insulte situationnelle : Feignasse !)."

"Bouffon", "fayot", "intello"… "Le vocabulaire argotique en usage afin de désigner certains élèves, principalement dans les collèges, peut prêter à sourire. Cependant, les situations qu'il décrit, souvent sous-estimées, voire ignorées, ne sont pas risibles. Il s'agit en fait d'insultes et de brutalités exercées à l'encontre de tous ceux qui manifestent des faiblesses diverses : les élèves jugés disgracieux, timides, dociles ou qui refusent la violence", écrit Marie Raynal dans son éditorial du numéro de septembre 2010 de Ville-École-Intégration, qui porte sur "l'influence des pairs".