L'Union nationale des étudiants de France (UNEF) publie son enquête annuelle sur le pouvoir d'achat des étudiants : "En 2011-2012, le coût de la vie étudiante augmente de 4,1 % soit deux fois plus vite que l’inflation. Cette hausse est tirée vers le haut par la flambée des loyers à l’emménagement et l’absence de revalorisation réelle des aides au logement."

L'UNEF se prononce pour une revalorisation de ces aides de 20 % ainsi que pour un gel exceptionnel des frais obligatoires (coût des repas, frais d'inscription, montant de la cotisation sociale) : "Depuis 2006, la part des étudiants, dans l’enseignement supérieur, issus des foyers les plus modestes, a baissé de 9,1 points. La possibilité de faire des études et de les réussir dépend lourdement de son origine sociale. Le modèle républicain de l’ascenseur social ne fonctionne plus, pire il pousse les jeunes issus des familles moyennes et modestes à déserter les formations du supérieur. Cette situation est non seulement insupportable socialement mais aussi irresponsable économiquement à l’heure où la France manque de diplômé."

Pour Pierre-André Chiappori, professeur d'économie à l'université de Columbia, certaines de ces mesures sont cependant à double tranchant : "Au lieu d'offrir gratuitement à tous un service qui profite surtout aux plus aisés, une logique redistributive bien comprise supposerait le paiement, par la grande majorité des étudiants issus de classes favorisées, de frais de scolarité significatifs. Ces derniers seraient assortis, le cas échéant, de possibilités d'emprunts à taux privilégiés conjuguées à une dispense au-dessous d'un certain seuil de ressources familiales et à un système de bourses beaucoup plus développé pour les étudiants issus de milieux réellement défavorisés." (Le Figaro, 14/07/11)

Pour en savoir plus :

"Rentrée universitaire : le coût aurait augmenté de 4,1 %", Le Figaro, 22/08/11 ; "Un rapport lève le tabou des frais d'inscription à la fac", Le Figaro, 14/07/11 ; "Faire des études coûte de plus en plus cher", Libération, 22/08/11 ; "Les études sont réservées à une élite", Le Monde, 22/08/11. Ces témoignages permettent de se faire une idée du coût de la vie en France : "Ayant grandi dans le département de la Manche et souhaitant, après mon BTS électronique, poursuivre jusqu'au diplôme d'ingénieur, l'étape Paris était obligatoire. Le plus gros poste de dépense est le loyer : 860 € mensuel à deux. Vient ensuite l'alimentation, environ 350 € mensuel à deux. Puis le transport, 75 € mensuel."