Pour Pierre Merle, professeur d'université, les inégalités scolaires en France ne diminuent pas tandis que la mixité sociale dans les établissements recule du fait de l'assouplissement de la carte scolaire. Les mesures prises pour promouvoir l'égalité des chances ne bénéficient qu'à un petit nombre d'élèves : "Les progrès de quelques-uns sont obtenus au détriment du plus grand nombre."

Jules Donzelot, doctorant en sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), se penche sur le cas de l'Angleterre : "C’est en référence à des valeurs d’équité et de justice sociale qu’a été introduite la première hausse significative des frais d’inscription à l’université en Angleterre."

Ces dernières années, l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris a vu le nombre de ses étudiants boursiers augmenter en même temps que ses frais d'inscription – les plus riches payent pour les plus pauvres. Pour le New York Times, un bastion est tombé. Pour Le Monde, ce bilan est à relativiser : "En dix ans, le nombre d'élèves issus de familles défavorisées a bien augmenté. Mais leur part reste ultraminoritaire."

"Si l'accès d'un petit groupe d'élèves des milieux populaires méritants à l'enseignement supérieur sélectif apparaît juste et très gratifiant pour les enseignants, tient à rappeler Agnès van Zanten, il ne faut pas qu'il prenne la place des actions indispensables à mener pour faire progresser tous les élèves et réduire les écarts entre les lycées favorisés et défavorisés."

Sources : "Bilan scolaire globalement négatif", Le Monde, 05/09/11 ; "L’égalité des chances en Angleterre", La Vie des idées, 06/09/11 ; "In France, a Bastion of Privilege No More", The New York Times, 04/09/11 ; "Dix ans après, démocratisation en demi-teinte pour Sciences Po Paris", Le Monde, 07/09/11.