"Ce n'est pas une méthode qui sauvera les enfants du naufrage de l'illettrisme, ce sont des enseignants bien formés et conscients des habiletés affectives et intellectuelles qui sous-tendent la lecture."

Sandy a commencé sa carrière dans une classe de première année à Saint-Josse. Voici comment s'est déroulée sa première journée. "Elle a écrit au tableau une phrase : "Bonjour, bienvenue en première année !" Cette phrase, elle l'a lue aux enfants et elle leur a demandé de la lire plusieurs fois en plaçant son doigt en dessous des mots lus. Les enfants ont pu assez vite "lire" cette phrase par mémorisation et par ce qui deviendra de la reconnaissance visuelle. Elle a ensuite demandé aux enfants si un même son ne revenait pas plusieurs fois dans cette phrase. Certains enfants ont ainsi pu isoler le [b]. Puis, Sandy a emmené son petit groupe au coin lecture pour lire l'histoire d'un loup qui veut devenir conteur. Un peu plus tard, notre jeune collègue a demandé aux enfants d'écrire leur nom sur un cahier qui désormais leur appartiendra."

"Par sa phrase de bienvenue, elle montre aux enfants qu'écrire cela sert, entre autres, à accueillir ; elle leur apprend aussi à reconnaitre des mots qui resteront ensuite sur les murs de la classe et qui constitueront le début de leur capital de mots. Par le repérage d'un son récurrent dans cette phrase, elle entre dans le code et donc dans le principe alphabétique qui régit notre langue constituée de lettres et de sons. En leur lisant une belle histoire, elle leur fait découvrir que lire apporte du plaisir ; elle éveille ainsi la motivation à entrer dans cet apprentissage long, subtil et pour certains laborieux. Enfin, par l'écriture de leur nom, elle présente aux enfants une des fonctions de l'écrit : garder une trace pour retrouver et identifier un objet."

"Son approche montre que lire est bien plus qu'un acte technique, c'est entrer dans une nouvelle culture, la culture de l'écrit. Or, on sait que l'enfant qui a grandi dans un environnement de livres s'installe tout naturellement dans cette culture ; cette étape que constitue cet apprentissage n'a rien pour lui de scolaire et lui semble au contraire naturel pour accéder au monde des adultes. Il n'en est rien évidemment pour des enfants où l'écrit est le grand absent de leur vie familiale."

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Source : RTBF, 07/09/11