"Malgré les efforts de renouvellement de cet enseignement, […] dès la fin du collège, la majorité des élèves cherche à fuir cette option facultative. S'ils sont encore 18,8 % à étudier cette discipline au collège, leur nombre chute à 4,8 % au lycée."

"Pour entrer dans un "bon collège", l'option latin n'est plus le seul argument des parents en quête d'excellence. […] Les parents préfèrent envoyer leurs enfants brillants en classe "bilangue" dès la sixième, puis en "classe européenne" au lycée, des systèmes qui leur permettent d'étudier à haute dose deux langues vivantes."

En octobre 2010, l'historien Paul Veyne écrivait dans l'hebdomadaire Le Point : "Il y a encore un mois, j'étais de l'avis de Raymond Aron. "Le latin et le grec, dans l'enseignement, c'est une superstition, me disait-il dans les années 70. Il suffit qu'il y ait dans les universités, à chaque génération, une quarantaine de spécialistes pour écrire des livres sur l'Antiquité et refaire les traductions." Je le croyais d'autant plus volontiers que certaines raisons qu'on donne pour défendre le latin sont des balivernes. Et puis, brusquement, lorsque j'ai appris que le latin et le grec étaient menacés, mon cœur s'est serré et j'ai découvert pourquoi il fallait les défendre dans l'enseignement secondaire. […] Faire des langues anciennes, c'est expérimenter que nous-mêmes étions totalement différents de ce que nous sommes."

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Source : Le Figaro, 16/09/11