The Wall Street Journal a rendu compte de cet opéra de Mozart, que l'on a pu voir à Paris en septembre : "The story of the enlightened Roman emperor so merciful that he forgives everyone for everything—from the maiden who refuses his imperial offer of marriage to the friend who not only betrays but also tries to murder him—is so improbable that it's nearly a fairy tale."

L'empereur Titus était, en effet, d'après le Dictionnaire de l'Antiquité de l'université d'Oxford, "d'une grande bonté et prodigalité" : "Il bénéficia d'une extrême popularité durant son court règne, malgré les grands fléaux qui survinrent alors : l'éruption du Vésuve en 79, puis la peste et un incendie qui anéantit une partie de Rome l'année suivante."

Mais l'une des sources d'inspiration du poète Pietro Metastasio, auteur du livret, était littéraire. Il avait lu Racine et l'on ne peut pas ne pas penser au personnage de Pyrrhus, dans Andromaque, qui refuse de tuer le fils d'Hector, comme la foule le lui demande : "Ah ! si du fils d'Hector la perte était jurée, / Pourquoi d'un an entier l'avons-nous différée ? […] La victoire et la nuit, plus cruelles que nous, / Nous excitaient au meurtre, et confondaient nos coups. / Mon courroux aux vaincus ne fut que trop sévère. / Mais que ma cruauté survive à ma colère ? / Que malgré la pitié dont je me sens saisir, / Dans le sang d'un enfant je me baigne à loisir ?" Comment combattre la pulsion de mort, voilà de quoi cela parle.

"As the reluctant traitor Sesto, driven into attempted murder by his youthful passion for Vitellia, French mezzo-soprano Stéphanie d'Oustrac is simply terrific."

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Source : The Wall Street Journal, 16/09/11