Pour le sociologue François Dubet, "s'il est peu contestable que les dix dernières années ont vu la situation de l'école française se dégrader, ses problèmes, ses difficultés et ses lacunes ne datent ni d'hier ni même d'avant-hier. Comparée à ses consœurs des pays proches, l'école française présente deux caractéristiques parfois difficiles à reconnaître : les inégalités scolaires y sont beaucoup plus fortes que ce que supposerait l'amplitude des seules inégalités sociales ; le climat scolaire et la confiance dans l'école y sont moins positifs que dans bien d'autres pays plus libéraux ou plus sociaux-démocrates que le nôtre".

"Bien sûr, ajoute-t-il, l'école française n'est pas la plus "mauvaise" qu'il soit, mais on ne peut plus s'accommoder du nombre exorbitant d'élèves en échec, de l'autorecrutement des élites et du décrochage et de l'hostilité de tous ces jeunes qui croient de moins en moins que l'école peut les éduquer et les préparer à la vie active."

L'école n'est pas une machine à sélectionner : "Notre souci de l'égalité des chances d'accéder aux formations les plus prestigieuses ne devrait nous faire perdre de vue qu'une école juste est d'abord une école qui forme bien tous ceux qui n'accéderont pas aux élites. Faut-il rappeler que l'école ne devrait pas être une simple machine à sélectionner plus ou moins équitablement et qu'elle devrait aussi éduquer les élèves, former des individus et des sujets dans des établissements accueillants et capables de les aider à grandir et à vivre ensemble ?"

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Source : Le Monde, 01/11/11